Fin de série pour l’ACS

Depuis 2015, l’Association française des critiques de séries (ACS) œuvrait à représenter la branche journalistique de la pratique de la critique professionnelle de séries. Regroupant plusieurs dizaines de journalistes membres, elle a travaillé, pendant un peu plus de dix ans, à défendre la reconnaissance et les conditions d’exercice de la profession – mais aussi, et surtout, à mettre en avant la création sérielle, française comme internationale.

Cela s’est traduit notamment par la production, depuis la création de l’association, du podcast «Un Épisode et j’arrête», ainsi que la tenue, chaque année, des Prix ACS remis aux séries françaises. Ces récompenses, les seules à être spécifiquement dédiées à cet art dans notre pays, ont rencontré un succès grandissant, jusqu’à leur onzième et ultime édition, en novembre dernier.

La vie d’une association est conditionnée à l’implication de membres qui s’engagent bénévolement pour la faire vivre et ne comptent ni leur temps, ni leur énergie. Malheureusement, l’ACS ne dispose plus des forces vives nécessaires pour assurer son fonctionnement et a dû acter sa dissolution.

Ce constat fait écho à l’état du journalisme culturel en général – et de la critique de séries en particulier – au sein du paysage médiatique français. Après un essor indéniable dans les années 2010, la suppression d’émissions comme «Une heure en série» et «Blockbusters» sur France Inter, ou «Le cercle séries» sur Canal+, montrent que l’espace dévolu aux séries télé ne cesse de se réduire. Nous le regrettons d’autant plus que le commentaire sur l’art participe activement au débat intellectuel et à la vie démocratique.

Merci à celles et ceux qui ont participé, suivi ou soutenu l’ACS, de près ou de loin : sériephiles, festivals, acteur·ices, scénaristes, réalisateur·ices, compositeur·ices, producteur·ices, attaché·es de presse, confrères et consœurs…

Et surtout, les membres qui l’ont fait vivre pendant onze ans.

L’ACS est mort, vive l’ACS !

Et comme dirait Buffy : « Si l’Apocalypse arrive, vous pourrez toujours me biper ! »